Revenir par un mot à la présence de Dieu

CielCette manière de prier est très simple, elle consiste à dire intérieurement un mot tout en restant tranquillement assis.

La prière va ici s’appuyer sur un seul mot. L’idéal est de prendre le Nom par lequel on s’adresse spontanément à Dieu dans la prière : Père, Abba, Jésus, Seigneur, Dieu, Kyrie eleison, Adonaï… Il n’est pas nécessaire de se poser beaucoup de questions sur le choix de ce mot. Il n’y a pas un mot qui soit meilleur qu’un autre. Il est cependant important que l’usage de ce mot soit naturel, spontané, et qu’il soit un nom de Dieu, de préférence à une idée ou une qualificatif de Dieu comme « amour » ou « bonté ». Prenez donc le terme que vous utilisez spontanément pour vous adresser à Dieu.

Celui qui prie ainsi engage tout son être dans un mouvement d’amour envers Dieu pendant qu’il dit intérieurement ce mot, ou ce nom. Puis, il recommence. Ce n’est pas plus compliqué que cela. Le sens du mot n’a pas beaucoup d’importance,on ne le médite pas intellectuellement. On ne cherche pas à en goûter toutes les significations, toutes les harmoniques. L’essentiel est de se tourner vers Dieu par ce mot, en s’appuyant sur ce mot comme le dit le Catéchisme de l’Église catholique : « Souvent répétée par un cœur humblement attentif, l’invocation du saint nom de Jésus est le chemin le plus simple de la prière continuelle. §2668 »

Si on ne sait pas trop quel mot prendre, on peut prier le Saint-Esprit et demander son aide pour ce choix. Il prie en nous et « il murmure en notre cœur Abba, Père », comme le dit saint Paul. Ce n’est pas compliqué, il suffit de tourner son attention vers Dieu et de laisser jaillir du cœur un mot par lequel nous l’appelons. Parfois, on choisit au départ, de manière un peu intellectuelle un mot qui semble bien, plein de sens etc, et puis très vite, après quelques temps de prière, un autre mot s’impose et remplace le premier. Il ne faut pas faire cela tous les quart d’heures, mais au début il y a parfois une petite période d’adaptation.

Une fois qu’on a commencé à prier sur ce mot, on continue, toujours sur le même, non seulement durant le temps de la méditation, mais dans toutes les méditations. Il y a ici une différence notable avec une autre forme de contemplation répétitive proche, dont Jean Cassien parlait déjà au Ve siècle, qui consiste à répéter au long de la journée un mot ou une expression que l’on aura saisit dans la lecture de la Bible ou dans la prière des psaumes. Cette rumination est une manière de prolonger presque physiquement la lecture, de continuer à se nourrir d’un texte au milieu des activités. Comme il s’agit d’une méditation, au sens où l’on goûte le sens ou les sens de ce mot retenu, il est normal que l’on change chaque jour, car cette pratique est une forme de résonance de la prière à la lecture. Ici, le mot n’est pas là pour nourrir la réflexion, pour faire descendre au fond du cœur un aspect du mystère contemplé dans la parole. Sa fonction est d’être un point d’appui pour rester tranquille en présence de Dieu, pour se tourner vers lui. Quand on a du mal à marcher, on ne change pas de canne à chaque promenade, ici on ne change pas de mot.

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